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 Un nouveau présent [Judith/Terminé]

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MessageSujet: Un nouveau présent [Judith/Terminé]   Lun 26 Mar - 12:48

5 ans. 60 mois. 260 semaines complètes. Approximativement 1825 jours. Ou plutôt 1824, si on considérait cette journée finie puisqu'il était bientôt 22h.

C'était le temps qu'il restait à vivre à Aymes. Son compte à rebours funeste qu'il n'avait révélé à personne, si ce n'est les piètres chasseurs qu'il avait rencontrés pour le délivrer de ce contrat qu'il était le seul à considérer comme nul, ayant été lésé lors de sa conclusion. Oh, certes, il avait eu le droit à sa récompense, passant du statut d'étudiant qui crève la faim à celui de jeune PDG prometteur d'une firme qui se développait dans tout le pays et partait à la conquête des marchés européens et orientaux. Londres, Paris, Riyadh, Beijing... A tout juste 25 ans, il affichait un salaire à faire pâlir ses confrères qui contaient une vingtaine d'années d'expérience et tout autant de dur labeur.

Mais il n'emporterait pas son argent dans sa tombe. C'était cette pensée cynique qui le rattrapait lorsqu'il profitait allègrement de sa richesse en se réjouissant de son statut actuel. 25 ans. A chaque décision prise, Aymes la prévoyait sur les cinq années à venir. Hors de question d'aller plus loin. Tout était décidé à moyen terme sous les airs désabusés de ses proches collaborateurs. S'il avait eu une vie de famille, le jeune homme aurait sans doute perçu les choses sous un angle différent – bâtir un empire commercial pour le léguer à sa femme et à ses enfants. Mais il n'avait ni la première, ni les seconds. La question de sa fortune le taraudait régulièrement. A qui reviendra-t-elle ? L’État ? Hors de question, l'administration l'avait abandonné lors de ses études et de sa famine quasi quotidienne. Ses oncles, cousins, sa famille éloignée ? Son égoïsme lui faisait penser qu'il ne devait sa réussite qu'à lui seul et qu'il n'en ferait jamais profiter ceux qui n'avaient pas connu sa galère.
L'option la plus satisfaisante à ses yeux restait celle des associations, mais il n'avait toujours pas arrêté son choix sur le secteur qui saurait le convaincre. Recherche médicale, protection des animaux, aide aux sans-abris... Son penchant mégalomane se plaisait à imaginer un institut qui porterait son nom en hommage, les discours de ses membres se concluant par « Et remercions Aymes Gray, à qui nous devons tout, et qui nous a quitté trop tôt... »

Sa récente fortune comportait un autre avantage. La vipère qui lui avait fait conclure le deal était friande de cadeaux, petites attentions, aussi hypocrites soient-elles. Elle se laissait couvrir de présents, laissant sous-entendre à ses malheureuses victimes qu'elle tenterait de leur donner un sursis en plaidant leur cause auprès de son grand patron. Mais les trois années passées ne l'avaient toujours pas démontré : ni les bijoux luxueux faits par les plus renommés des joailliers, ni les tenues haute-couture dénichées à Paris, ni les trésors vintages et les tableaux de maîtres n'avaient permis à Aymes de récolter ne serait-ce qu'un jour supplémentaire. Cette femme narcissique se jouait de lui et n'avait que faire de tous ces dollars mis à ses pieds.

Il était apparu à Aymes une seconde solution, qui n'avait pour le moment pas porté ses fruits. La traque aux démons. La chasse, comme l'appelait ses fervents partisans. Il s'était documenté et renseigné, mais son esprit si étriqué et rationnel avait eu du mal à croire en l'existence de toutes ces créatures, goules, vampires, et autres démons, qui avaient l'air plutôt coriaces. Ses voyages entrepris dans les coins les plus paumés de l'Amérique l'avaient mené à la rencontre de chasseurs, mais ces derniers étaient incompétents ou prenaient son histoire d'une façon fataliste. « Fallait pas passer un deal avec un démon... » Mais merde, s'il avait su que sa durée de vie allait être réduite à quelques années, il n'aurait jamais embrassé ce démon vénal ! Chantage, intimidations, menaces : tout était bon pour faire plier les récalcitrants chasseurs à se démener pour sa cause. S'il échappait à l'enfer en rompant son contrat, il irait de toute manière y brûler pour ses actes. Mais Aymes ne négligeait aucun aspect et jouait sur tous les tableaux. S'il s'intéressait à la chasse, il continuait toujours à choyer ce démon de malheur.

22h15. La route de campagne était enfin déserte, la bande de poivrots qui stagnait dans les champs ayant enfin décidé de bouger, sans doute à la recherche du bar le plus proche. Aymes sortit de sa voiture – de luxe – et se dirigea vers le croisement des deux routes sinueuses qui rompaient la monotonie des champs de tournesols. Il passa sa main sur la poche de sa veste pour en vérifer la contenance, et d'un air qui se voulait affirmé et sûr, appela celle qui avait brisé sa vie trois ans plus tôt. Putain, faîtes qu'elle daigne se montrer cette fois !


Dernière édition par Aymes C. Gray le Jeu 2 Aoû - 13:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un nouveau présent [Judith/Terminé]   Mar 3 Avr - 13:29

    La soirée avait bien commencé. Assise dans son sofa moelleux, les jambes repliées sous son corps, Judith sirotait tranquillement une menthe à l'eau -l'un de ses péchés mignons-. Le regard rivé sur ses trophées, elle semblait aussi captivée que s'il s'était agi d'un excellent film. Voilà en effet une demi heure que ses prunelles de cessaient de passer d'un objet à l'autre. Peluche favorite d'une jeune fille ayant souhaité troquer sa virginité contre son âme, collier en or d'une vierge Marie venant d'une mère ayant tout fait pour la guérison de son enfant, rouge à lèvre préféré d'une femme des plus superficielles, livre datant du début 20ème sur des poèmes d'Apollinaire, bague de fiançailles, clefs d'une voiture de luxe, un chapelet en or.

    Un sourire carnassier retroussa ses lèvres. Cet objet appartenait à la personne la plus drôle et la plus pénible qui soit. Elle connaissait désormais par cœur le visage du propriétaire de ce trophée, et se délectait de son attitude tout à fait désespérée. Aymes C. Gray. Judith n'avait jamais vu auparavant quiconque se raccrocher à ce point à la vie. Aussi, elle devait accorder qu'il était difficile de savoir sur quel pied danser avec cet humain. Cet acharnement qu'il déployait dans l'espérance de ne pas passer l'arme à gauche dans peu de temps en faisait un combattant. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de lui trouver un petit côté lâche. Combien de fois avait-il tenté de l'amadouer avec des cadeaux, tous plus somptueux les uns que les autres ? Il était buté, extrêmement buté, ou complètement idiot. N'avait-il pas compris que le temps des offrandes était désormais révolu ? Si ce petit jeu avait tout d'abord amusé le démon, il commençait sérieusement à l'excéder à présent. Voir son visage dévasté par le quotidien de réponse négative n'avait plus rien de divertissant. La monotonie avait fait place à ces instants réjouissants qu'elle avait presque attendus auparavant. Il n'en était décidément plus rien. Se faire harceler par un humain idiot qui n'avait pas compris qu'elle ne jouait pas dans la même cour que lui finissait par lui mettre les nerfs en pelote.

    Judith posa avec vigueur son verre sur la table basse du salon. On osait la déranger alors qu'elle s'accordait une pause bien méritée. Ce n'était pas tout le monde qui se démenait à travailler journée et nuit. Le train-train quotidien de ces deux vies diamétralement opposées n'était pas des plus reposant. Et elle se doutait de l'identité de l'énergumène qui commettait l'affront de l'appeler en cet instant. Un long soupir d'exaspération s'échappa de sa bouche alors qu'elle se chaussait. La seconde suivante, la maison était vide.


    Le ciel était couvert et les étoiles ne parvenaient pas à percer l'épaisse couverture de nuages qui menaçaient à tout moment d'éclater. Elle le reconnut immédiatement. Sa démarche, sa façon de se tenir, ses cheveux sombres, sa haute stature. Mais ce qui avait attiré plus que tout son regard était cet objet qu'il tenait dans la main. La pénombre l'empêchait de distinguer quoi que ce soit, mais elle avait immédiatement compris qu'il s'agissait d'un nouveau présent pour elle. Un cadeau offert dans le plus grand des intérêts, bien évidemment, récupérer une marge de temps supplémentaire avant que son âme ne revienne au démon, ou même, encore mieux, faire annuler son contrat. Oh oui, Aymes Gray était un homme absolument stupide qui n'avait tiré aucune leçon de la vie de misère dans laquelle il avait été plongé auparavant. L'argent n'achetait pas tout, et surtout pas l'enfer. Le jeune homme ne semblait pas s'être encore aperçu de la présence de Judith. Il avait peut-être peur qu'elle lui pose un lapin. Cette réflexion la fit sourire, bien qu'elle illustrait parfaitement la situation. Combien de fois n'avait-elle pas répondu à ses appels, quand elle s'était rendue compte qu'il ne s'agissait que de lui, encore ?

    Soudainement, ses sens se mirent en alerte. Etait-il véritablement seul ? Elle avait cru comprendre que, dans son désespoir, il cherchait de l'aide. Son regard parcouru rapidement les alentours, mais non, il semblait n'y avoir que lui, rien que lui. Elle pouvait se présenter à lui sans soucis. Du moins, elle l'espérait.


    -Aymes, que me vaut cette charmante visite en une soirée si tardive ?

    Le ton était faussement enjoué et mielleux. Dans sa grande hypocrisie, elle passa sa main derrière son oreille, geste qui laissait entendre qu'elle était charmée par son vis à vis. Ses yeux brillèrent lorsqu'il se posèrent sur le cadeau qu'on lui apportait, et elle feignit la surprise. Tout n'était que théâtral, tout n'était que chiqué dans son jeu.

    -Ohhhhh ! Est-ce pour moi ? Quelle merveilleuse attention Aymes ! Tu me gâtes bien plus qu'un homme ne le ferait avec sa petite amie.

    Elle avait joint ses mains en une attitude candide. Elle minaudait plus que jamais, attitude certainement insupportable pour son interlocuteur.



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MessageSujet: Re: Un nouveau présent [Judith/Terminé]   Mer 11 Avr - 17:03

Il finit par se demander si elle allait venir. Allait-elle se déranger pour lui ? Que pouvait bien faire les démons lorsqu'ils n'étaient pas en train de menacer des gens, éliminer des gens, extorquer des gens ? A quoi cette satanée Judith occupait son temps libre ?

Aymes n'eut pas le loisir de continuer son monologue intérieur. Il entendit des bruits de pas dans son dos et fit volte face assez maladroitement – si quelqu'un avait voulu le tuer dans les secondes précédentes, ce n'étaient pas ses pauvres sens en alerte qui l'auraient protégé. Il découvrit avec soulagement que ce n'était qu'elle, qui errait sans doute comme une âme en peine à la recherche d'humain à martyriser, puisqu'elle avait daigné se présenter. Elle devait le trouver pathétique, ça, il en était persuadé, mais qu'elle attende un peu de voir de quoi il était capable.

Elle feignit la surprise et l'étonnement lorsque son regard se posa sur le petit paquet qu'il tenait dans la main, bien en évidence. Elle le prenait pour un con ou quoi ? Cette sorcière savait pertinemment qu'il ne la sollicitait jamais sans un présent en retour, vénale comme elle pouvait l'être. Quelle genre de femme avait-elle était dans le passé ? Aymes pencha pour une veuve noire, qui se prélassait dans le luxe à longueur de temps et dont la seule occupation concrète était de chercher quelle serait sa future victime. Mais une autre question se bouscula dans son esprit – les démons avaient-ils été des humains ? Il n'avait jamais demandé la réponse à un chasseur, et ce n'était sûrement pas Judith qui lui causerait de ses origines ce soir.

Aymes tenta de garder sa contenance et de paraître avec le plus de sang-froid dont il était capable. Peut-être que cette fois était la bonne ! Il passa pour se rassurer une dernière fois la main sur sa poche. Son plan pouvait être mis à exécution. Il allait enfin être libéré d'elle – elle ne pouvait que céder si elle tenait à la vie. Ou à son étrange forme de vie plutôt.

Il était tant de mettre fin à cette comédie. Elle se payait vraiment sa tête, à user d'une comparaison avec une petite-amie ?! De là où elle passait ses journées, elle devait sans doute savoir qu'il était seul, et cette situation devait probablement la faire jubiler. Non, dans son ancienne vie, en plus de camper le rôle d'une veuve noire, elle était une profonde sadique qui n'avait aucun coeur.

-Je veux renégocier les termes du contrat.

Merde, c'était pas ça. Son discours, qu'il avait préparé pendant des heures et répété inlassablement ; se perdait dans les abîmes de son esprit sous l'effet du stress. Bon sang, ce n'était pas le moment de tout lâcher ! Il s'humecta les lèvres et reprit d'une voix qui se voulait assurée.

-Enfin, je veux dire que je veux son annulation immédiate et sans conditions.

Voilà qui avait plus de gueule ! Pour ne pas faire retomber son effet, Aymes sortit enfin sa botte secrète. Il glissa la main sur le pistolet qu'il conservait précieusement, l'extirpa de sa poche et le pointa sur son bourreau. S'il devait le tenir à deux mains pour s'assurer une stabilité optimale, il était heureux à s'imaginer que cette posture masquait les tremblements qui le secouaient. Comment faisaient tous ces chasseurs, qui n'hésitaient pas à descendre même la pire des crapules ?

Il avait trop de morale. C'était un comble, pour lui qui ne pensait au quotidien qu'à la sainte trinité réduction des coûts-augmentation des marges-injuste redistribution des bénéfices. Alors qu'il menaçait toujours Judith, ses nerfs le lâchèrent brutalement. Le coup partit, et il la toucha en plein ventre. Mais elle ne sembla pas en souffrir. Il eut juste le temps d'afficher un regard horrifié avant de voir la réaction de son ancienne cible.
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MessageSujet: Re: Un nouveau présent [Judith/Terminé]   Dim 15 Avr - 20:50

    Judith étouffa un bruit sourd sous le choc tandis que ses yeux ne quittaient pas le canon fumant de l'arme à feu que tenait Aymes du bout des doigts. Quelques secondes plutôt, elle avait éclaté de rire devant la proposition grotesque de l'idiot. Annulation de son contrat. Non mais quelle blague ! Et ce nouveau personnage du caïd qu'il venait de lui sortir... Avait-il vraiment cru que cela l'impressionnerait ? Une odeur de... sel s'élevait dans les airs. Le démon jeta un coup d’œil à sa blessure insignifiante. Il y avait de quoi se tordre de rire. Comment le jeune homme avait-il pu croire qu'il se débarrasserait d'elle avec des cartouches remplies de sel ? C'était tellement risible. Les traits crispés de colère, le regard noir, Judith darda ses prunelles -maintenant rouges- sur son agresseur. Il était temps qu'il comprenne qui avait le dessus sur l'autre, qu'elle n'était pas n'importe qui. Il avait voulu se lancer dans un petit jeu d'intimidation, il allait être servi.

    Un sourire forcé au semblant mesquin s'afficha sur les lèvres du démon des croisements. Cette grimace lui conférait un masque des plus effrayants. Son visage laissait savoir que quelque chose de mauvais pouvait se passer... Mais quoi ?
    Il était temps qu'Aymes paie, avant de ne prendre que plus d'assurance et trouver, cette fois, la faille. Elle devait lui faire comprendre que ne vivre plus que cinq ans n'était pas la pire chose qui pouvait lui arriver. Mais avant ça, elle allait le ridiculiser, l'écraser, lui faire prendre conscience combien il était fichu. Lentement, elle s'avança vers lui, le regard froid. Aucune sommation possible. Pas de défilement, ni de supplication. Elle n'accepterait rien. Arrivé à sa hauteur, elle saisit la mâchoire du jeune homme entre ses doigts en une poigne... surnaturelle. Il était désormais prisonnier de cette main de fer, et ne pouvait détourner la tête de son interlocutrice.

    « On s'est bien foutu de toi, Aymes ! Du sel, non mais, que croyais-tu ? Tu devrais vérifier tes sources je crois, parce que là, tu ne pouvais pas faire pire. En fait, ton petit tour de démonstration m'a juste bien chatouillé l'estomac, pesta-t-elle »

    Elle resserra un peu plus l'étau de sa poigne sur l'humain. Elle pouvait sentir ses os sous ses doigts. Lui casser la mâchoire était largement en son pouvoir. Seulement, il aurait été dommage d’abîmer un si beau visage. Et puis, la torture physique n'était pas son fort. Aymes était un cérébral, pas un narcissique. L'atteindre psychologiquement aurait certainement plus d'effet. Judith le plaqua contre l'arbre le plus proche avec violence, le soulevant légèrement du sol. Elle avait désormais tout contrôle sur lui, et bien qu'elle ne l'étouffait pas, ne plus avoir les pieds ancrés dans le sol devait être une expérience assez terrifiante.

    « Alors écoute-moi bien, Aymes, parce que je suis sérieuse. Très sérieuse. Tu vas arrêter de chercher à droite et à gauche une quelconque aide pour tenter de m'éliminer. Ça te vaudra de ne pas t'épuiser pour rien, étant donné les conseils de blaireaux que tu as ramassés... et ça te permettra de rester en vie durant le temps qu'il te reste à vivre. Parce que cinq ans, dis-toi que c'est le maxima qui t'a été fixé, pas le minima. Est-ce clair ? »

    Elle le toisa un instant du regard, cherchant une quelconque réponse dans ses yeux obscurcis par la nuit. Sa main lâcha le jeune homme, puis elle lui épousseta les épaules de son blouson, geste superbement moqueur, lui prouvant encore une fois qui dominait la partie. Elle recula et s’adossa à un arbre, les bras croisés sur sa poitrine. Elle ne voulait pas non plus lui faire perdre totalement espoir. Un homme sans espoir n'a plus rien à perdre et tente le tout pour le tout. Un homme sans une seule lueur d'espérance est dangereux.

    Se détendant un peu, Judith leva son menton en direction du pauvre garçon.

    « Cependant... j'accepte de discuter de tes craintes avec toi. Si tu as des questions sur ta condition, pose les-moi. Seulement il y a une chose qu'il va falloir que tu acceptes. Je ne peux ni changer, ni annuler ton contrat. J'espère que cette fois tu feras des efforts et le retiendras un peu plus longtemps. C'est vrai, tu n'as pas autre chose à faire de tes soirées que de m'appeler ? Je ne sais pas moi... te trouver une petite amie et lui offrir des tas de cadeaux par exemple ? »

    Léger sourire ironique et provoquant.


    Allez Aymes, mords à l'hameçon. Énerve-toi si tu veux, ça ne changera rien, mais à moi le tour de jouer.
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MessageSujet: Re: Un nouveau présent [Judith/Terminé]   Sam 21 Avr - 14:46

Si les tremblements incontrôlables qui secouaient son corps avaient un caractère spasmodique indéniable, ils avaient au moins le mérite de prouver qu'Aymes, malgré sa maladresse que l'on pouvait qualifier de mortelle, était conscient. Il était finalement heureux de sentir son cœur battre à se rompre et le goût métallique envahissant sa bouche après s'être mordu la joue au sang. Oui, au moins, il était toujours vivant. Pour le moment.

Elle ne l'avait pas tué ou pire, transformé en charpie, en pâté pour les chiens de l'enfer, ces créatures dont les chasseurs lui avaient narré le rôle crucial lorsque les contrats des malheureux prenaient fin et qu'il était temps de rejoindre l'enfer. Judith avait peut-être été une sainte dans son ancienne vie finalement, au lieu d'une veuve noire. Comment pouvait-on expliquer qu'elle lui laissait la vie sauve après l'affront subi ? Non, Aymes était persuadé que sa conviction originelle était la bonne. Cette vipère était bien autrefois une sadique. Et là, elle faisait durer le plaisir, savourant sans doute le pitoyable spectacle qu'il lui offrait avant de se débarrasser de lui définitivement. Sachant sa fin proche, son instinct de conservation lui fit comprendre qu'il fallait tenter d'occuper le démon le plus longtemps possible. Oh, il n'était pas bête et savait pertinemment que le lieu était désert de chasseur, et que personne de surcroît ne viendrait risquer sa vie pour un imbécile vaniteux, ignorant et totalement dépourvu de sang froid.

Ce qui l'amena à la trahison – oui, c'était le terme – qu'il venait de subir. Non mais sérieusement, une cartouche de sel, hein ?! Aymes se maudit pour ne pas avoir croisé plusieurs sources, pour avoir ignoré le vieux chasseur ivrogne qui l'avait mis en garde contre les démons de croisement, et surtout, surtout, maudit la bande d'incultes qui lui avait assuré que Judith succomberait à cette arme. S'il ressortait vivant de cette entrevue – ce dont il doutait fort à présent – Aymes se jura d'aller régler leur compte à ces satanés Ghostfacers. Ces investigateurs à la noix allaient payer cher leurs conseils foireux. Combien de personnes étaient mortes par leur faute ?

Il s'était fait avoir comme un bleu. Comment un jeune PDG d'entreprise aussi brillant que lui, au courant de toutes les magouilles du milieu, repérant les financements bancal à des kilomètres avait pu se laisser berner par un groupe pareil, une agence anti-paranormale en carton ? Il était un blaireau, sans aucun doute, un gros blaireau dont l'arrogance allait sans doute le faire périr, ou au mieux lui avait fait perdre toute fierté.

Il avait écouté son sermon sans broncher, comme un enfant honteux recevant une sévère correction. Il imagina naïvement qu'une fois l'orage passé, Judith se montrerait plus tolérante à son égard. Oh, il n'était sûrement pas le premier de ses contrats à avoir tenté de faire pression. Bon, il était sans doute l'unique inconscient qui avait laissé partir un coup. Aymes voulut ajouter quelque chose sur la bêtise humaine, orgueilleuse, vaniteuse et méprisable face aux démons, mais l'infime part de raisonnement qui subsistait dans son esprit chamboulé lui indiqua que c'était sans doute too much, et que cette déclaration ne ferait qu'attiser la colère de Judith.

Elle semblait avoir recouvert une certaine maîtrise d'elle même, mais ce n'était sans doute qu'un leurre – un seul faux pas et il était bon pour le rôtissoire dans les sous-sols de la terre. Il tenta de composer avec soin les questions qu'il allait lui adresser et décida d'abattre la carte du pauvre petit humain désemparé. S'il plaidait la folie et le désespoir, peut-être.... ?

Elle voulait causer, très bien. Quel crédit allait-elle apporter à ses réponses ? Ne pouvait-elle vraiment pas influer sur les conditions de son contrat ? Ou cela lui plaisait-il tout simplement d'écouter les plaintes de ses pauvres victimes ? Non, Judith était sans doute une psychiatre dans son ancienne vie, dont la profession l'avait faite sombrer dans la folie. C'était le seul moyen expliquant son air toujours mielleux, conciliant, et son goût prononcé pour le sadisme et le désespoir humain.

« C'est... hum... difficile à dire. Ma condition me pèse beaucoup, et je ne peux plus me projeter dans l'avenir, c'est trop... douloureux, d'imaginer ma fin si proche. Oh, j'étais dans le pétrin et mon nouveau statut me permet une vie confortable, mais finalement, la liberté me manque. Et euh... comment expliquer. Ça me tracasse beaucoup de savoir comment tout ça va se terminer. Les chiens de l'enfer, j'veux dire, et tout ce qui vient après.

Ne surtout pas revenir sur l'incident Aymes, surtout pas. Peut-être que l'étrangeté physiologique des démons leur confère une mémoire flanchante et vacillante, ou peut-être que selon l'échelle temporelle de Judith, le petit accident appartient désormais à un passé lointain. Une question des plus ridicules lui vint en tête, et il n'eut pas le temps de la fermer. Les paroles les plus saugrenues de toute son existence venaient d'être prononcées.

-Quand je serai là-dessous... Vous me rendrez visite ? »

S'il avait déjà perdu sa dignité, peut-être sa vie, il allait désormais être la risée des démons à qui Judith rapporterait la conversation. Oui, indéniablement, Aymes Gray était bel et bien un bouffon. Et il savait pertinemment au service de qui il était.


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MessageSujet: Re: Un nouveau présent [Judith/Terminé]   Dim 29 Avr - 18:23

Judith s'exaltait. Non, encore mieux. Voir Aymes dans cette situation précaire devenait jouissif. Elle était ravie de son petit discours, de l'effet qu'il avait eu sur l'humain. Elle le tenait à sa merci et il faisait tout pour faire en sorte qu'elle lui pardonne la faute énorme qu'il venait de commettre. Totalement désespéré, il ne pensait qu'à sauver sa peau, encore plus qu'auparavant. Il réalisait enfin le pouvoir que le démon avait sur lui. Il comprenait seulement qu'il n'était rien, ou si peu de chose à côté d'elle. Saisissait-il qu'elle se fichait réellement de ce qu'il pensait, de la moindre de ses préoccupations ? Peut-être bien que oui. Peut-être qu'au fond de lui il en avait conscience, mais que la peur faisait tout pour le lui faire ignorer. Parce que désormais, ce qui comptait plus que tout était de dompter ce démon. Parfaitement. Il la prenait sans aucun doute pour un animal sauvage et dangereux qu'il fallait rallier à sa cause, caresser dans le sens du poil. Judith n'irait certainement pas ronronner contre lui. Il se berçait de douces illusions.

En revanche, elle devait admettre qu'elle n'était pas si loin que ça de l'une des représentations du félin. Voici laquelle elle avait choisi : le jeu du chat et de la souris. Aymes ferait assurément un merveilleux petit rongeur. Elle allait se régaler, elle était prête à le parier. Elle lui tourna autour, lentement, l'examinant sous toute les coutures, jouant dans la surenchère afin de faire monter sa frayeur à son paroxysme. Elle dictait les règles, les établissait et il se devait de les suivre. En l’occurrence, elle feignait de ne pas faire attention à ce qu'il disait, mais écoutait attentivement chacun de ses mots et tentait même de ressentir les émotions à travers ses paroles. Le regard de Judith s'était même illuminé lorsqu'il avait énoncé les cerbères et compagnie du royaume de Satan. Etait-il prêt à se laisser aller ? Paressait-il toujours tendu ? Semblait-il avoir repris courage ? Il gardait une certaine contenance, il fallait l'avouer.

Elle finit par s'immobiliser, face à lui, de peur de lui donner le tournis. Il devait déjà avoir du mal à tenir sur ses jambes. Il n'aurait pas été très fair-play d'agir ainsi. Repérant un rondin d'arbre, elle s'en fit un tabouret et fit glisser un autre chaise de fortune à son cher client.

« Vas-y Aymes, je t'en prie. Assieds-toi. Tu comprendras, je crois, que je ne peux pas te proposer de prendre place sur le divan. »

Un petit sourire sarcastique étendit ses lèvres. Elle se trouvait drôle, et cela arrivait souvent. En réalité elle s'amusait toujours de ses soit disant blagues qui ne faisaient rire qu'elle. En même temps, on ne pouvait nier qu'elle occupait la meilleure place, du moins en cet instant. Elle fit mine de réfléchir un long moment comme pour éviter de le blesser lorsqu'elle lui annoncerait la triste vérité qui l'attendait. Son ton devint des plus chaleureux, elle se montra étrangement trop compatissante et roucoula.

« Les chiens de l'enfer... Je comprends que cela te tracasse mon petit chéri, mais voilà ce qu'il faut te dire : Ce ne sera qu'un moment des plus désagréables à passer... Rien comparé à ce qui t'attend après si tu veux mon avis -elle lui fit un petit clin d’œil complice, réaction totalement déplacée face à l'impuissance d'Aymes.- Mais, écoute moi bien, je vais te dire quelque chose. Ne vaut-il mieux pas vivre pleinement, et dans le bonheur cinq ans en tout, même si c'est trop court, plutôt qu'une vie entière basée sur le malheur, la solitude, la tristesse, la précarité. Regarde-toi Aymes. Regarde ce que tu es devenu aujourd'hui. Un brillant PDG. Tout le monde t'envie et te respecte. Et cette place ne te revient que de droit, et tu le sais. Tu étais un étudiant excellent, la seule chose qui pouvait t'empêcher d'embrasser une telle carrière était de ne pas y avoir accès parce que tu n'en avais pas les moyens. N'est-ce pas injuste ? Tu n'as fait que chercher un coup de pouce. Et regarde où tu en es ! »

Ses bras se tendirent vers le ciel comme pour lui montrer le gros parcouru et ce qui s'offrait encore à lui. De nombreuses occasions l'attendaient, il ne pouvait pas passer à côté, il ne pouvait pas se démoraliser, ni même lui en vouloir à elle. Et puis, tant qu'il y était, il pouvait même la remercier, non ?

Sa petit question la secoua d'un rire cristallin. C'était si innocent. Tellement touchant. Elle avait la forte impression d'avoir à faire à un enfant désemparé, perdu au milieu de tout et de rien. Se levant, elle se pencha à son oreille et posant une main sur son épaule, lui chuchota :

« La vraie question, la voilà Aymes : Veux-tu que je te rende visite, ou as-tu peur de me voir là dessous? »

Elle resta quelques secondes à ses côtés, puis lui massa gentiment l'épaule avant de lui sourire avec bienveillance. Il était si esseulé, si perdu, si miiiignon ainsi. Oh oui, cette soirée tournait en la faveur de Judith, et elle n'était pas prête de se finir et devait se terminer en une apothéose.
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MessageSujet: Re: Un nouveau présent [Judith/Terminé]   Mar 15 Mai - 13:12

Ce fut avec un soulagement non feint qu’Aymes s’affala sur la souche, accordant enfin à ses jambes tremblantes un repos mérité. Il ne cherchait plus à impressionner Judith ou à donner le change –il savait pertinemment qu’il était cuit, cerné comme un rat, ou pour une image plus valorisante, comme un lapin paralysé par la présence d’un chasseur. Il imagina l’ombre d’un instant la réaction de ses subordonnés s’ils pouvaient le voir à cet instant… Quelle horreur ! Lui, le PDG méprisant, arrogant et qui ne doute jamais de sa personne, réduit au statut misérable de proie. Il se demanda si Judith devinait ses pensées, et si elle avait la capacité de faire voir aux autres son terrible fiasco, à la manière des miroirs présents dans les contes pour enfants.
Il chassa ses pensées angoissantes. Pouvait-elle lire dans son esprit ? A son souvenir, aucun chasseur ne lui avait parlé de démon doté de cette prouesse, mais on n’était sûr de rien. La prudence était de mise dans un tel contexte, et le regard que Judith posait sur lui donnait au jeune homme l’impression déconcertante qu’elle suivait tout son monologue intérieur avec attention.

La proximité de Judith le mettait mal à l’aise, mais il savait pertinemment que c’était le but de l’opération. Elle faisait tout pour le déconcerter, le faire flancher – mais il resta stoïque, serrant le poing. Elle se moquait royalement de lui et il enrageait intérieurement de ne pouvoir rien faire, sinon attendre qu’elle se lasse de ce petit jeu – mais il doutait qu’elle puisse s’en ennuyer si rapidement. Quelle sadique. Même si elle arborait un sourire mielleux et bienveillant qui pouvait le pousser à se détendre, il maintenait l’idée que cette façade n’était que temporaire. Un seul pas de travers et cette maudite souche humide serait la dernière chose où sa carcasse grelottante se serait posée de son vivant.

Lui, assis bien droit sur son tronc d’arbre, les mains sagement posées sur ses genoux – la posture inconsciente du cancre repenti – écoutait attentivement les paroles du démon. Judith n’avait jamais été psychiatre. Non, la réponse était évidente, tout comme son allusion au célèbre divan : elle était psychanalyste, et – cette idée amusait Aymes malgré le contexte peu propice – peut-être même formée par Freud en personne ! Voilà ce qu’elle était, une psychanalyste rouillée, attristée par la relégation au second plan de sa science fétiche, et voilà qu’il apparaissait, lui, digne sujet d’analyses complexes, et lui permettait enfin de remettre son savoir enfoui depuis des décennies en pratique. Psychanalysé par un démon des croisements instruit par le fondateur lui-même, rien de moins !

Le silence qui s’installait depuis plusieurs secondes le ramena douloureusement à une réalité moins glorieuse. Il ne savait pas vraiment quoi lui répondre – rien d’agréable, assurément, mais le souvenir de la poigne de cette vipère le dissuada de riposter en bonne et due forme comme il l’aurait souhaité pour son honneur. Il se contenta de répliquer, presque timidement, mais pour lui montrer que son contrat restait bel et bien une arnaque :

« C’est facile pour vous de dire que cinq années sont suffisantes, puisque vous rodez sur terre depuis des décennies, peut-être même des siècles, voire la découverte de l’Amérique. Je ne sais pas quelle serait votre réaction si on vous disait que dans cinq ans, vous devriez retourner à jamais en enfer ou dans un cercueil.»

Impertinent. Ce fut le seul mot qui vint à l’esprit d’Aymes. Il était effronté depuis sa tendre enfance, et il fallait croire qu’il en serait de même jusqu’à sa mort qui ne devrait plus tarder s’il continuait sur ce chemin. Le fait de mourir en brave le remplissait d’une bouffée d’orgueil. Et si le boss de Judith les surveillait tous les deux, peut-être qu’il remarquerait le courage de cet humain, et qu’il… Non, laisse tomber Aymes, les rêves sont finis.

Il réfléchit très sérieusement à la réponse que Judith avait fournie à sa question saugrenue. Aurait-il peur d’elle une fois en enfer ? Elle n’était déjà pas très rassurante à l’air libre. Cette réflexion le conforta dans l’idée qu’après tout, oui, elle serait la seule personne qui le relirait à son ancienne vie sur terre, une sorte de fil conducteur entre les différentes périodes de son existence… S’il allait moisir dans les tréfonds de l’enfer, il ne put s’empêcher de penser que sa vie, si courte allait-elle être, était digne d’être posée sur papier. Oui, il allait songer à embaucher un écrivain pour mettre en forme sa biographie ! Il regretta amèrement la qualité de son futur lectorat, des adolescents et trentenaires avides de SF qui ne sauraient apprécier à sa juste valeur sa destinée.

« Hum… A la rigueur, oui. Après tout, c’est vous qui m’avez mis dans ce pétr… euh, cette situation, pourquoi dans ce cas disparaître du jour au lendemain ? Enfin, je ne voudrais pas chambouler votre emploi du temps bien sûr, mais je pense que ces visites me distrairont un peu de… mes… besognes ? une fois en enfer. »
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MessageSujet: Re: Un nouveau présent [Judith/Terminé]   Jeu 17 Mai - 18:07

Un petit sourire narquois aux lèvres, Judith haussa les épaules. L'humain se donnait un mal fou pour ne pas la froisser, ce qui avait le don de l'amuser. Bien qu'elle n'appréciait pas que l'on puisse se jouer d'elle, elle comprenait parfaitement le ressentiment qu'il nourrissait à son égard. Après tout, elle lui avait volé les deux tiers de sa vie, elle ne pouvait attendre de lui qu'il se montra des plus courtois. Bien évidemment, sa situation de l'affectait pas le moins du monde. Elle en avait vu tant, des pleurnichards, des désespérés, des hargneux, et tout ce que son boulot démoniaque lui apportait comme guignols. Engourdie, elle étendit ses bras devant elle en poussant un petit soupir de bien être, puis décida de mettre les choses au clair. Oui, c'était plutôt vrai qu'au final, ça la dérangeait qu'Aymes réfléchisse à la façon dont il allait tourner ses phrases pour échapper à des foudres imaginaires. Était-elle si épouvantable, si cruelle ? Pauvre poussin, quelle chance pourtant il avait eu de tomber sur elle. Il ne se rendait pas compte de ce qu'il avait évité si un autre démon des croisements s'était chargé de son cas. Après tout, que faisait-elle, à part se moquer ouvertement de ce pauvre garçon ? Avec un autre il se serait retrouvé rapidement six pieds sous terre. Manger les pissenlits par la racine, c'aurait été dommage pour quelqu'un qui, en théorie, n'avait déjà plus que cinq ans à vivre.

-Mais je t'en prie Aymes, parle moi honnêtement. Pas de chichis, j'accepte fort bien le fait de t'avoir mis dans le pétrin, et tous ces mots que tu te retiens de balancer, laisse les s'échapper, ça te fera du bien, je t'assure.

Elle commençait franchement à s'ennuyer. Écouter la complainte de l'un de ses clients avait ses limites. Elle n'était pas psychologue, et encore moins bonne sœur. Pas une seconde elle n'avait songé qu'Aymes se confia aussi bien à elle. Quand elle avait fait mine de tendre l'oreille pour recueillir sa peine, il s'était agit d'une boutade. Si connaître ses angoisses lui avait paru intéressant au départ, elle finissait par regretter de lui avoir demander de s'épancher sur son triste sort. Toutefois elle ne put s'empêcher de pouffer avec hilarité lorsqu'il lui fit part de sa requête. Il s'agissait d'une première. Un humain qui désirait que le démon qui l'avait condamné lui rende visite en bas. Quelle clownerie !

-Mon pauvre Aymes, serais-tu en train de nous faire un syndrome de Stockholm ?

La main sur la bouche, elle continua de s'esclaffer -jusqu'aux larmes- avant de reprendre son sérieux. Elle était bien évidemment la seule à rire, et ce manque d'entrain -la bonne blague!- de la part de son interlocuteur ne pouvait que la refréner dans son quart d'heure de folie. Elle essuya les larmes au coin de ses yeux tout en cherchant à récupérer son souffle.

-Oh, excuse-moi Aymes, ça ne se fait pas de rire tout seul. J'espère que tu ne m'en veux pas.

Foutaises. Elle retint un nouveau rire suite à l'idiotie tout à fait préméditée qu'elle venait de sortir. D'ailleurs, elle aurait pu lui tapoter la tête, comme le ferait un maître envers son bon chien, mais elle préférait brosser le PDG dans le sens du poil. Pour le moment. Fichtre, quelle heure était-il d'ailleurs ? La soirée s'éternisait vraiment, non ? Une idée saugrenue traversa soudainement son esprit. Est-ce que Aymes lui ferait le plaisir de prendre part à ce qu'elle avait prévu ? Elle se leva et fit signe à l'humain de faire de même. Tout le monde dehors -enfin...-, la séance était finie. Judith avait assez endossé le rôle de mère charité pour la soirée. Il ne lui pesait déjà que trop, il était grand temps qu'elle se dégage de ce costume trop encombrant. Et puis, n'avait-elle pas dit à son client d'être honnête ? Allons, elle devait respecter cette décision, elle aussi.

-Dis moi voir Aymes... tu es du genre curieux, hein ? Est-ce que ça te dirait de voir comment c'est chez un démon ? Tu sais, quand on y pense, tu ne peux pas me refuser, tu m'as gâché ma soirée, alors autant que tu viennes la finir chez moi.

Un large sourire s'afficha sur son visage. Elle était certaine que le jeune homme s'imaginait déjà entrer dans une réplique d'un enfer miniature. Et il serait si loin de la vérité. A n'en pas douter il serait déçu du résultat, et voilà ce qui plaisait tant au démon. Voir sa mine déconfite lorsqu'il entrerait dans un hall des plus communs. Elle ne pourrait même pas lui vanter les vertus de son jacuzzi, désormais friqué comme il l'était, il devait forcément en avoir un chez lui. En revanche...

Elle laissa échapper un gloussement. Oui, elle lui montrerait ça... ce serait... le clou du spectacle !
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MessageSujet: Re: Un nouveau présent [Judith/Terminé]   Jeu 2 Aoû - 13:45

La psychiatre-psychanalyste démoniaque se laissa aller à plus de douceur, mais Aymes resta sur ses gardes, comme un patient muré dans son scepticisme et voulant à ton prix garder secret le fond de ses pensées les plus intimes. Il se surprit lui-même à s'imaginer dans le rôle du malade, et décida après une courte réflexion que Judith était la mieux placée entre eux deux pour l'occuper. Après tout, qui du narcissique égocentrique, capable de brader sa vie pour le luxe et une fortune assurée, et du démon caractériel toujours à la recherche de contrats véreux méritait le plus un ticket aller simple pour l'internement ?

Non, Judith n'avait tout compte fait jamais suivi l'enseignement de Freud. Si elle semblait au courant des méandres et des dédales jalonnant un pauvre esprit humain détraqué comme le sien – pas n'importe lequel, celui d'Aymes Caden Gray, manipulateur, assoiffé de pouvoir - c'était qu'au final... Ils étaient peut-être un peu semblables ? Du moins quand Judith respirait encore et se comportait comme une insouciante humaine, sans imaginer quel monde de fous allait l'attendre après son décès. Comment était-elle morte, d'ailleurs ? Aymes se promit de lui poser la question lors de leurs futures entrevues, quand cela commencera malheureusement à sentir le sapin pour lui.

Mais c'était terminé : le jeune homme en était désormais persuadé, la boucle était bouclée. Son démon des croisements attitré n'avait jamais été une veuve noire, une sadique, une psychiatre, une psychanalyste. La réponse se trouvait là, sous ses yeux, avec comme preuve offerte le comportement si singulier de cette vipère. Dans son ancienne vie, elle était tout simplement Anna O, la célèbre patiente de Freud victime d'hystérie. C'était donc ça... Sa patiente et non une quelconque élève ou admiratrice de l'homme ! Tout concordait : ses changements brutaux d'humeurs, ses petits rires sadiques... Aymes, qui venait apparemment de s'auto-proclamer docteur en psychologie, se sentit soulagé sans trop savoir pourquoi d'avoir résolu cette énigme qui le taraudait depuis le début de son rendez-vous avec le démon.

Sachant pertinemment que sa fumeuse analyse de celle qui détenait son contrat n'allait pas le mener bien loin, il se demanda tout de même si la récente découverte allait le guider dans la réponse qu'il allait fournir au démon. Il trouva tout d'abord la proposition saugrenue, mais la curiosité l'emportait et écrasait toutes ses autres impressions, dont celle de se sentir parfaitement mal à l'aise et intimidé dans l'antre de son bourreau. A quel petit jeu jouait-elle ? Anna O, ou plutôt Judith, était-elle si seule pour réclamer la présence de son contrat chez elle ? Ou comptait-elle tout simplement le torturer davantage avec une sournoiserie dont elle seule avait le secret ?

Seuls des bafouillements purent sortir de sa bouche, et ce fut d'un air mal assuré qu'Aymes hocha la tête, à deux reprises, pour bien lui faire comprendre qu'il acceptait sa proposition. Sa voix semblant revenir, ce fut avec des mots quelques peu simplets qu'il remercia Judith de cette étrange invitation.

« Heuu... Avec plaisir. »
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